••• NOVEMBRE 2004
Une vocation innée
Depuis sa plus tendre enfance, Olivier Chauvin veut être boulanger sans en connaître les raisons fondamentales.
Sous la pression familiale et du milieu éducatif, Olivier s'oriente tout de même vers la voie classique et passe un bac Gestion et Comptabilité, en 1990. "Ces matières me seront toujours utiles dans l'avenir" se dit-il secrètement gardant toujours à l'esprit sa vocation première.
Armé du bac, il passe son CAP de boulanger en 1992, puis son Brevet Professionnel et Brevet de Maîtrise, par équivalence, en 1993.
Un apprentissage dédié au Bio
Il réalise son apprentissage chez un patron boulanger qui ne travaille qu'en bio. Il apprend donc essentiellement le travail sur levain. Toute sa formation a reposé sur la production de 30 sortes de pains différents.
Au sortir du Brevet de Maîtrise, il fait une année de saisons (3 mois l'été, 6 mois l'hiver) avant d'aller à l'armée en 1994.
Des débuts dans la grande distribution
A son retour, en 1995, il occupe le poste de chef de rayon Boulangerie Pâtisserie au sein de l'enseigne Super U à Pornic où il restera 3 ans. L'objectif de la direction est alors de créer un fournil de fabrication sur place en remplacement du terminal de cuisson existant.
La première année, Olivier s'initie aux rouages de la grande distribution et entreprend les travaux pour la création du fournil la deuxième année. La troisième, à la tête de 7 employés, il assure la production, la mise en rayon et la gestion du rayon. Pour lui, la boucle est bouclée, il a atteint son objectif, il doit se réaliser ailleurs.
Nouveaux objectifs, nouvelle expérience
En 1998, il part en Alsace, chez Poulaillon, grand groupe de boulangerie artisanale et industrielle (160 salariés). La partie industrielle alimente alors 13 points de vente de sandwicheries et le secteur artisanal est représenté par deux magasins dont Olivier a la responsabilité avec la fille du directeur (production, gestion du personnel et mise en place de la démarche HACCP). Après la création d'un troisième magasin, il estime à nouveau qu'il doit passer à autre chose et décide de s'installer à son compte.
2001 : la reprise d'une boulangerie artisanale
En juillet 2001, il reprend une boulangerie à Sébastien sur Loire (44) et adhère simultanément au Club Le Boulanger, association Loi 1901 dont les objectifs premiers sont la promotion du Pain de Tradition Française, l'image de marque et la prospérité de ses membres et le renouveau de la boulangerie artisanale.
en savoir plus : www.club-le-boulanger.com
Dès son arrivée, Olivier mise tout sur la Tradition Française et avec l'aide de Fabrice Guéry, le technicien de son meunier, la minoterie Girardeau, se forme aux exigences de la recette Bagatelle.
La reprise n'est pas facile, les 6 premiers mois, le chiffre d'affaires baisse. Son prédécesseur, originaire de Vendée, produisait un pain blanc et volumineux. Les ventes de Tradition Française ne dépassaient pas 7-8 par jour. Les clients, déstabilisés par le changement radical de fabrication, se tournent vers la concurrence.
Grâce à une deuxième cuisson l'après-midi, à une communication importante, il rattrape le bénéfice perdu dès le début de l'année suivante : il passe de 10 baguettes par jour, le jour de l'ouverture, à 50 baguettes, six mois après, début 2002.
2002 : la consécration
Le 3 juin 2002, consécration, il réalise le lancement de la baguette Label Rouge Bagatelle dans son magasin. Tous les médias ont été prévenus pour l'occasion : avant le lancement M6 réalise un reportage pour le 6 Minutes régional, FR 3 prend le relais le jour du lancement et France Bleu Loire Océan, la radio régionale complète cette campagne par un reportage le jour même. Sans compter, les articles qui paraîtront dans la presse régionale "Presse Océan" après le lancement !
Toutes ces actions de communication entraînent systématiquement la vente de 30 à 40 baguettes Bagatelle supplémentaires après chaque passage.
Une évolution des ventes considérable
Avant le lancement, Olivier Chauvin vendait 150 Tradition par jour. Après le lancement, trois mois après, il double sa production et atteint le seuil des 300 Tradition quotidiennement.
Deux ans après, il fabrique entre 2200 et 2400 Bagatelle par semaine, ce qui représente 500 à 600 baguettes jour le lundi et entre 350 et 400 le reste de la semaine.
Zoom : depuis juillet 2001, en 6 mois, il multiplie ses ventes de Tradition par 5 et en un an par 30 !
Une équipe bien construite et soudée
Olivier emploie 7 personnes : un pâtissier, un apprenti pâtissier, un boulanger, deux apprentis boulangers (en Brevet Professionnel), une vendeuse et une apprentie vendeuse. Le couple Chauvin a un effectif au dessus de la moyenne par choix, pour le confort de vie procuré et la qualité des rotations du travail et des cuissons.
"Ca me donne du temps pour m'occuper du Club" dit-il. Et en effet, il s'en occupe.
Un dévouement total pour Club Le Boulanger
Les boulangers de la minoterie Girardeau ont été les premiers à se réunir en groupe de travail en juillet dernier. Olivier en était le rapporteur. Les questions et solutions soulevées ont été à l'ordre du jour de la dernière réunion du Club Le Boulanger et des réponses ont été apportées par ses dirigeants.
L'objectif même des groupes de travail n'est pas de demander de mettre en oeuvre des actions mais bel et bien de proposer, d'amener des idées, de mentionner les points à améliorer...
De même, il organise cette année, la réunion annuelle des boulangers Club de la minoterie Girardeau. L'ordre du jour est de bien sûr de passer un bon moment ensemble mais aussi de partager leurs attentes envers Club Le Boulanger.
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