S’entourer des conseils d’un
spécialiste
Le commerçant,
au regard de la loi, est réputé
savant !
Il ne dispose d’aucun délai
de réflexion, d’aucun recours
de rétractation.
Or, nombreux sont les litiges qui découlent
d’informations imprécises
ou non-communiquées. Assurez-vous
donc de la transparence des transactions
sur les points suivants et prenez l’avis
d’un spécialiste : c’est
le premier investissement utile
pour votre affaire !
Information sur le chiffre d’affaires
Cette information
est cruciale pour l’estimation de
la valeur du fonds de commerce.
Il convient donc d’être particulièrement
vigilant sur ce point.
Le chiffre d’affaires pris en compte
est celui réalisé dans le
magasin (déduire le C.A hors boutique),
hors TVA et hors remises consenties.
La loi impose au vendeur de communiquer
à l’acheteur les chiffres
d’affaires des 3 dernières
années en remontant de mois en
mois dans le passé à partir
de la date de vente.
Ainsi, pour une vente conclue en janvier
2003, le vendeur doit communiquer tous
ses chiffres d’affaires du 01/01/2000
au 31/12/2002. Ils seront inscrits dans
l’acte de vente. Ces chiffres seront
appréciés en fonction des
conditions d’ouverture.
Pour compléter son information,
l’acheteur peut demander les facturiers
de cette même période afin
d’évaluer le chiffre d’affaires
réalisé en fournitures (dans
le cadre d’un contrat régulier
avec une entreprise ou une collectivité).
Information sur les conditions d’ouverture
Le chiffre d’affaires
ne peut être bien étudié
qu’au regard du nombre de
jours travaillés.
Il revient donc à l’acheteur
de se faire préciser les périodes
de congés, de fermeture hebdomadaire
ainsi que les horaires d’ouverture
(vérifiables avec le brouillard
de caisse).
Information sur les quintaux panifiés
L’acte de vente
doit préciser le nombre de quintaux
panifiés au cours des 3
dernières années,
en distinguant la farine ordinaire des
farines spéciales.
Information sur le personnel
Le personnel "suit
le fonds". Le code du travail
garantit au(x) salarié(s) le maintien
des droits et obligations prévus
par le contrat de travail.
L’acte de vente doit préciser
le nom, la fonction, l’ancienneté,
le salaire et les avantages de chaque
employé.
Information sur les équipements
Tout matériel
est réputé être aux
normes.
Le vendeur doit remettre à l’acquéreur
les différents procès-verbaux
attestant de l’exécution
des éventuelles mises en demeure
(Inspection du travail, Direction Départementale
de la Concurrence et de la Répression
des Fraudes, Direction des Services Vétérinaires).
Il doit également fournir le dernier
rapport de contrôle de l’installation
électrique établi par un
organisme officiel type Apave ou par un
électricien qualifié.
A défaut de mise en conformité,
son coût sera déduit du prix
de vente.
Par ailleurs, l’acte de vente doit
préciser l’âge du four
: ce matériel étant le principal
élément corporel conditionnant
l’exercice de l’activité
de boulangerie.
Conditions de cession du fonds
La prudence est de
rigueur quant à la forme
juridique qui sera choisie pour
l’acquisition.
Elle va conditionner notamment votre statut
et votre niveau de responsabilité
concernant d’éventuels passifs
de gestion, y compris sur le temps d’exercice
de votre prédécesseur.
Sur ce dernier point, il convient d’anticiper
toute mauvaise surprise dans une clause
d’engagement de passif. Dans cette
clause, le vendeur s’engage à
répondre d’un passif sur
sa gestion. Il doit alors fournir des
garanties dites de sûreté
réelle qui prendront la forme d’une
hypothèque ou d’une caution
bancaire.
Acquisition des murs
Le risque est souvent
de surpayer les murs sous prétexte
de faire une bonne affaire incluant fonds
et murs.
La valeur des murs se calcule en appliquant
un coefficient 10 à la
valeur annuelle du loyer si celui-ci
est à la valeur locative. On estimera
en fonction de cette équation si
l’achat des murs constitue une transaction
intéressante ou s’il vaut
mieux être locataire.
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Exemple
Pour un loyer mensuel de 275 €, la
valeur des murs se monte à :
3300 x 10 = 33000 €
Dans ce cas, une proposition de vente
pour les mêmes murs à 60000
€ n’est pas intéressante
pour l’acquéreur potentiel.