|
|
|
La
Pâque est la fête
annuelle célébrée par
les juifs en mémoire de la sortie
d’Egypte. Le mot grec paskha
dérive de l’hébreu pesah,
"passage". Plus tard,
la religion chrétienne a repris cette
fête hébraïque. Pour les
chrétiens, Pâques symbolise
la résurrection du Christ.
Mais c’est aussi pour tous
le renouveau de la nature : la vie succède
à la mort. Dans les pays
de rite orthodoxe, Pâques (célébrées
avec un décalage de treize jours
par rapport à la fête catholique)
est la plus grande des fêtes de l’année
liturgique.
|
|
>
L’œuf de Pâques
>
Les gâteaux
de Pâques |
L’œuf de Pâques
|
Il joue un rôle essentiel lors des fêtes
de Pâques. Depuis l’antiquité,
l’œuf symbolise la résurrection
chez tous les peuples méditerranéens.
Dans toute l’Europe, il constitue un symbole
fort de la paix retrouvée. Les druides
attribuaient déjà des propriétés
merveilleuses aux "œufs de serpents",
sortes de pierres fossiles en forme d’œuf.
Née en Alsace, la coutume qui consiste
à offrir des œufs peints ou décorés
ne remonte, en France, qu’au XVe siècle.
Autrefois les paroissiens se rendaient à
l’église pour faire bénir
les œufs avant de les donner. Avant d’être
fabriqué en chocolat, l’œuf
était peint et teint en rouge, couleur
du Christ ressuscité.
C’est un symbole encore ancré dans
les traditions du Sud de la France et de la Corse.
Le Campanili de Bastia, le Caccavelli
de Sartène, les Cavagnats
de Menton et l’Echaudé
de Nice sont des pâtisseries en forme de
couronne ou de corbeille garnies. Pour les décorer
on dépose autant d’œufs qu’il
y a de membres de la famille. La tradition qui
consiste à envoyer les enfants chercher
les œufs cachés dans le jardin reste
courante.
En Grèce, en Russie, en Pologne et dans
la plupart des pays d’Europe de l’Est
et des Balkans, dès la sortie de la messe
pascale, a lieu le rituel du "combat d’œufs".
Chacun prend un œuf dur coloré et
le toque légèrement contre celui
du voisin. Celui dont l’œuf ne s’est
pas brisé gagne l’œuf de l’autre.
Cette coutume est perçue comme un geste
de bienveillance et de réconciliation.
Retour au sommaire |
Les gâteaux de Pâques
|
Symbole de l’abondance retrouvée
après les privations du Carême et
symbole de la joie pascale, les gâteaux
de Pâques sont riches, nourrissants
et abondants. Lait, fromage blanc et œufs
se mélangent à une infinité
d’ingrédients selon la richesse d’invention
propre à chaque pays. Ils symbolisent
le partage et resserrent les liens entre les individus.
Bon nombre de gâteaux fabriqués à
Pâques constituent une métaphore
du dernier repas du Christ. Pour partager
et manger les gâteaux préparés
à l’occasion de Pâques, les
festivités patronales et les pèlerinages
se poursuivaient jusqu’au Lundi.
Si la couronne ou la brioche tressée garnies
d’œufs colorés sont répandues,
chaque région de France possède
ses gâteaux traditionnels : Corniottes,
Craquelines, Niflettes en Bourgogne ;
Fougasses et Cornards
en Auvergne ; Pagnotes en Forez
; gâteaux feuilletés en forme de
fer à cheval en Touraine ; Darioles
à Reims ; Fouaces en Champagne.
Les gâteaux de Pâques alsaciens
en forme d’agneau restent très
populaires. L’agneau représente le
sacrifice du Christ immolé. En Alsace,
jusqu’à la révolution on offrait
à Pâques un agneau aux seigneurs.
On trouve dans de nombreuses devantures de boulangeries
des agneaux de toutes tailles, saupoudrés
de sucre et décorés d’un petit
drapeau tricolore. L’agneau reste un rituel
en Russie, en Pologne, en Hollande, en Allemagne
et en Sicile.
En Vendée, l’alise (du vieux
français "alis" qui signifie
compact, mal levé) appelée aussi
galette pâquaude ou pain
de Pâques est un gâteau "serré"
fabriqué durant la journée du Samedi
Saint. Elle représenterait un substitut
du pain sans levain qui accompagnait l’agneau
pascal et fournissait le prétexte à
un rassemblement joyeux.
Dans le reste de l’Europe, Cassata
et Colomba italiennes, Ostkaka
suédois, Kalitsounia et
Tsoureki grecques, Paskha,
Vatrouchka et Koulitch
russe, Pasca roumaine, Torta
espagnole, Baba polonais, Kalacs
hongrois, ou Simnel cake anglais
sont autant de gâteaux de Pâques consommés
comme une nourriture sacrée.
Retour au sommaire |
Sources :
Barbier Nina, Perret Emmanuel. Petit
traité d’ethno-pâtisserie
Paris : Lattès - 1997
Vielfaure Nicole, Beauviala Anne-Christine - Fêtes coutumes et gâteaux
de l’Europe traditionnelle de l’atlantique
à l’oural. Paris : C.Bonneton -
1993
Vielfaure Nicole, Beauviala Anne-Christine.
Fêtes coutumes et gâteaux
Le Puy-en-Velay : C.Bonneton - 1984 |
|
|