H i s t o i r e  d e   l a  p â t i s s e r i e

Remerciements à Hubert Chiron pour la rédaction de l'ensemble des textes "Histoire de la pâtisserie"

Gâteaux rituels de l’Antiquité
DICTON : C’est pour le pâtissier seul que travaille l’abeille économe.
(Martial)


Après que les besoins vitaux de nourriture aient été assouvis, une humble galette pétrie de farine d’huile et de miel fut sans doute le premier gâteau de l’humanité. Très vite, dans de nombreuses civilisations, l’usage s’établit d’offrir le meilleur des aliments à diverses divinités (terre, soleil, feu) lors de cérémonies rituelles. Outre la qualité des ingrédients, (fleur de farine très blanche), la forme des gâteaux est l’objet de tous les soins.
Ainsi, le paysan égyptien qui ne pouvait offrir une oie ou un porc en sacrifice, déposait près de l’autel un gâteau-offrande représentant l’animal. Ailleurs, le "kribane" gâteau de forme mamellaire appelait, intercédait sans doute, fertilité et abondance.


Dès l'Antiquité, des gâteaux rustiques, marquent ou ponctuent également les rites de passages des saisons et des hommes (anniversaires, mariages). Faute de sucre, connu des seuls Indiens, miel, figues, dattes, raisiné, édulcorent les recettes. Des graines, telles que sésame et pavot, et des épices sont également employées.

Quatre siècles avant notre ère les grecs disposaient de nombreux gâteaux régionaux à base d'huile et de fromage blanc. Le gâteau d’Athènes au miel de l’Attique était très réputé. Pline note le goût délicieux des gâteaux. Il ajoute : certains pétrissent la pâte avec des œufs, du lait, voire avec du beurre. Les peuples pacifiés consacrent désormais leur activité à l’art de la pâtisserie.

Faites ainsi les gâteaux (mustaceos) au moût : arrosez de moût un modius de farine de blé siligo, ajoutez y anis, cumin, deux livres de graisse, une livre de fromage et râpez une branche de laurier et, après avoir modelé, mettez une feuille de laurier dessous, quand vous ferez cuire.
(Caton : De l’Agriculture, IIe siècle avant notre ère.)