 |
|
Alors
que nos habitudes alimentaires suscitent
des inquiétudes, le petit déjeuner
semble être un domaine préservé
qui ne cesse de se structurer depuis
quarante ans. Fortement valorisé
depuis une quinzaine d'années,
au travers de nombreuses campagnes
d’information, notamment dans
les écoles, l'importance nutritionnelle
de ce repas est désormais acquise
par les Français. Gros plan
sur nos habitudes.
|
|
|
|
>
Un intérêt nutritionnel reconnu
>
Encore des ventres
vides le matin
>
Les boissons chaudes
restent l’élément clef
>
La tartine toujours
en vedette >
Des céréales
pour les enfants
>
Un marché
fortement concurrencé >
Innovations en
tout genre >
Le petit déjeuner
en chiffres >
Les céréales…
à consommer avec modération ?
>
Petit déjeuner
et poids sont-ils liés ?
|
Un intérêt nutritionnel reconnu
|
67% des personnes interrogées accordent
une importance à la valeur nutritive du
petit déjeuner, mais veulent conserver
plaisir et gourmandise.
94% des mères de familles estiment que
ce repas est essentiel pour bien démarrer
la journée. D’ailleurs, 97% des enfants
de maternelle prennent un petit déjeuner
avant de se rendre à l’école.
Puis, en grandissant, le rythme des repas se désorganise.
Alors que les hommes restent attachés aux
viennoiseries, les jeunes femmes, soucieuses de
leur équilibre alimentaire, privilégient
lait et yaourt, présentant un intérêt
nutritionnel. Quant aux consommateurs de plus
de 45 ans, bien qu’attachés au petit-déjeuner
traditionnel, ils sont sensibles aux allégations
santé.
Retour au sommaire |
Encore des ventres vides le matin
|
20% des Français quittent leur domicile
le ventre vide. Le mode de vie en milieu urbain
tend à escamoter la place du petit-déjeuner.
Certains ne le jugent pas essentiel et s’en
passent volontiers.
Retour au sommaire |
|
Les boissons chaudes restent l’élément
clef
|
60,8%
des Français (tous âges confondus)
consomment une boisson chaude. Parmi eux 44,1%
boivent du café, 43,7% du lait chaud et
16,4% du thé. Bien souvent, le choix de
la boisson chaude se détermine à
l’entrée dans le monde du travail.
Cependant, une étude d’Ispos Observer
révèle que, ces dernières
années, le rituel du lait au chocolat,
caractéristique du petit déjeuner
des enfants, se prolongeait parfois jusqu’à
l’âge adulte. Le besoin de phases
de régression des jeunes adultes explique
ce phénomène.
Les jus de fruits et de légumes prêts
à l’emploi ou faits maison représentent
36,9% des boissons consommées lors du petit
déjeuner.
Retour au sommaire
|
|
La tartine toujours en vedette
|
Le cliché
du Français trempant sa tartine beurrée
dans un bol de café est toujours d’actualité.
La tartine reste une pièce maîtresse
du petit déjeuner, particulièrement
appréciée des seniors. 59,4% des
Français accompagnent leur boisson de tartines
et 24,5% de biscottes et de pain grillé.
Ils affichent une préférence marquée
pour le pain frais de boulangerie. Le dimanche,
les croissants trônent sur la table et confèrent
une dimension conviviale à ce repas bien
souvent pris en famille le week-end.
Retour au sommaire
|
Des céréales pour les enfants
|
Si le duo pain-beurre garde une place de choix
dans le petit déjeuner "à la
française", les céréales
ont su s'imposer sur la table au réveil.
Héritées du modèle anglo-saxon,
les céréales sont essentiellement
consommées par les enfants de 3 à
10 ans. 86% des mères de famille en donnent
à leurs enfants au petit déjeuner.
Cependant, les céréaliers constatent
que les adolescents délaissent progressivement
les céréales de l’enfance
pour retrouver la tartine de leurs parents.
Les plus de 45 ans, qui n’ont pas grandi
avec un paquet de céréales sur la
table du petit déjeuner restent très
attachés au petit-déjeuner "continental"
(bol de café et tartine beurrée)
encore dominant en France.
Retour au sommaire
|
Un marché fortement concurrencé
|
Le pain, longtemps mis à l'index par les
nutritionnistes, fait ces dernières années
un retour en force, loué pour ses qualités
nutritives. Les boulangers rivalisent d'efforts
pour varier l'offre et améliorer la qualité.
De leur côté, les produits tartinables
(confitures, miel…) se sophistiquent et
élargissent leur offre. Cependant, si la
tartine reste plébiscitée, elle
évolue dans un univers de plus en plus
concurrentiel. Tandis que pains, brioches, crêpes
et pancakes fournissent de gros efforts pour se
rendre plus attractifs, la panification sèche
(biscottes…) multiplie les innovations pour
se remettre au goût du jour : ingrédients
plus gourmands, textures différentes, moelleuses
ou craquantes…
Pour éviter le "décrochage"
des jeunes et séduire adolescents et adultes,
les céréaliers rivalisent d'imagination
et développent produits ciblés et
codes marketing en rupture avec ceux de l’enfance.
Attaqués par le dynamisme des viennoiseries,
qui ont su séduire de nombreux consommateurs
grâce à la qualité de leur
offre, les biscuits veulent conquérir leur
"part d'estomac" à l'heure du
petit déjeuner et font preuve d'une belle
percée depuis deux ans. Les biscuitiers
hexagonaux puisent parmi les recettes traditionnelles
et de terroir pour renouveler l’intérêt
des consommateurs français. En parallèle
de ces deux marchés, les produits ultrafrais
(yaourts...) et salés (bacon) cherchent
à s'imposer et trouvent leur cible chez
les femmes à la recherche d’un petit
déjeuner équilibré.
Retour au sommaire
|
Innovations en tout genre
|
Les marques souhaitent proposer des repas-solutions
qui permettent de se lever plus tard tout
en partant au travail plus tôt. De
nouveaux produits, directement inspirés
de la consommation nomade, font leur incursion
à l’heure du petit déjeuner.
Adultes et ados délaissent progressivement
la table du petit déjeuner pour consommer
céréales en barre sur le chemin
de l’école ou du bureau. Se
préparer son petit déjeuner
en main est plus que jamais une piste d’avenir.
Retour au
sommaire
|
•
Le
petit déjeuner en chiffres
:
•
80% des Français prennent
un petit déjeuner
• 20% des Français
quittent leur domicile le
ventre vide
• 97% des enfants de
maternelle prennent un petit
déjeuner avant d’aller
à l’école
• 91,3% des petits déjeuners
pris le sont à domicile
• 10% des gens avalent
une boisson seulement
• 60,8% des Français
consomment une boisson chaude
• 44,1% boivent du café
• 43,7% du lait chaud
• 16,4% du thé
• 86% des mères
de famille donnent des céréales
à leurs enfants
• 59,4% des Français
accompagnent leur boisson
de tartines
• 24,5% l’accompagnent
de biscottes
La semaine
On consacre en moyenne 15
minutes par jour au petit
déjeuner contre 5 minutes
en 1965.
48% des petits déjeuners
sont pris seuls.
11,2% des petits déjeuners
sont pris rapidement sur un
coin de table.
Le week-end
Le petit déjeuner dure
en moyenne 17 minutes.
49,6% des petits déjeuners
sont pris en famille.
85,7% des petits déjeuners
sont pris assis à table.
Les produits consommés
selon la tranche d’âge
Moment fortement ritualisé,
le petit déjeuner est
abordé de façon
très personnelle, essentiellement
en fonction de la tranche
d'âge.
Pour les plus de 45 ans :
Sucre, lait, café,
beurre, margarine, confiture,
miel, pâte à
tartiner, pain frais acheté
en boulangerie.
Les 18/44 ans :
Sucre, café, lait beurre,
margarine, jus de fruits ou
de légumes prêts
à l’emploi, confiture,
miel, pâte à
tartiner.
Pour les moins de 18 ans :
Chocolat en poudre, céréales
prêtes à consommer,
jus de fruit prêt à
l’emploi.
Sources :
"Le petit déjeuner
: tendances, nouveautés,
styles". LSA Temps
de conso, temps de vie -
Supplément au n°1834
- 30/10/2003
"Enquête conso
: petit déjeuner".
LSA n°1787 - octobre
2002 |
|
Retour
au sommaire |
|
Les céréales… à
consommer avec modération ?
|
Une
enquête, menée par l’association
60 millions de consommateurs sur les céréales
du petit déjeuner, remet en cause
les vertus nutritionnelles qui leurs sont
attribuées.
|
|
Quelques
chiffres...
|
100
000 tonnes de céréales sont
vendues chaque année. 86% des enfants
entre 5 et 10 ans en consomment au petit
déjeuner. C’est le segment
des céréales chocolatées
(1/3 du marché) ainsi que celui des
produits à valeur nutritionnelle
ajoutée qui sont les plus porteurs
et font l’objet de dépenses
marketing importantes. |
|
Les
céréales chocolatées
trop sucrées
|
Deux
types de produits se partagent le créneau
des céréales chocolatées
: les céréales uniquement
chocolatées et les céréales
chocolatées fourrées.
L’étude révèle
qu’aucun produit de ce type - parmi
ceux testés - n’apporte la
ration de protéines recommandée
par les nutritionnistes. Celle-ci n’est
atteinte que grâce à l’ajout
de lait. Or, celui-ci n’est pas systématique.
Leur pauvreté en lipides et l’intérêt
de leur consommation dans la lutte contre
l’obésité revendiquée
par certains nutritionnistes, est à
modérer. De plus, le taux élevé
de saccharose contenu dans ces produits
habitue les enfants au goût sucré
et favorise les caries dentaires. |
|
Et
les céréales riches en fruits
et en fibres ?
|
Celles-ci
n’apportent pas davantage le taux
de protéines préconisé.
Les céréales riches en fibres
tiennent leur promesse. Cependant, ce groupe
de céréales présente
une teneur en sel très supérieure
à leurs homologues chocolatées
et ne respecte pas les recommandations de
l’Agence française de sécurité
sanitaire des aliments à ce sujet. |
Présence
trop marquée des mycotoxines
|
Sécrétées
par les moisissures, les mycotoxines*, qui
constituent un danger potentiel pour la
santé, sont présentes en quantités
parfois importantes dans les céréales.
50% des produits testés se sont révélés
positifs au test de l’ochratoxine
A, certains dépassant même
le seuil fixé par la réglementation
européenne. Un taux de fuminosine
deux fois supérieur à la dose
journalière tolérée
a été relevé sur quelques-uns
des échantillons.
En conclusion, les céréales
du petit déjeuner ont, dans l’ensemble,
une qualité nutritionnelle acceptable.
Il faut se méfier des incitations
au grignotage qui figurent sur certains
paquets. Celles-ci pourraient favoriser
la prise de poids et l’obésité
infantile. Quant à leur enrichissement
en vitamines, argument figurant sur bon
nombre de boîtes, il semblerait qu’il
soit vendeur mais pas forcément justifié…
*Qu'est-ce qu'une mycotoxine : réponse
fournie par le site Internet de la Gazette
du laboratoire
Les mycotoxines sont des toxines de faible
poids moléculaire, élaborées
par les champignons (toxines fongiques)
au cours de leur métabolisme secondaire.
Elles se développent sur certains
substrats, dans des conditions de température,
d'humidité et de pH bien spécifiques,
et peuvent provoquer par ingestion des maladies
dites "mycotoxicoses". L'intoxication
se fait par ingestion des denrées
alimentaires contaminées.
C’est au début du siècle
que la première mycotoxicose a été
décrite avec précision chez
l'homme. Il s'agit de l'ergotisme provoqué
par les alcaloïdeis de l'ergot de seigle.
Au Moyen-Age déjà, on suspectait
l'implication de farines moisies dans l'apparition
de certains syndromes.
Les mycotoxines peuvent être présentes
dans des substrats très variés
tels que les céréales et dérivés,
les fruits et leur jus, les fruits séchés,
le lait, arachides, pistaches, café...
Enquête publiée dans la
revue 60
millions de consommateurs n°368
- janvier 2003
Retour au
sommaire |
|
•
Petit déjeuner et poids sont-ils
liés ?
|
Les données de consommation alimentaire
provenant de l’enquête NHANES
III (Third National Health and Nutrition
Examination Survey) menée aux Etats-Unis
entre 1988 et 1994 ont permis de réaliser
une étude épidémiologique
destinée à évaluer
l’influence du type de petit-déjeuner
consommé sur le poids des sujets.
L’analyse des résultats montre
que les sujets qui consomment des
céréales et du pain au petit
déjeuner ont un indice de masse corporelle
plus faible que les personnes qui ne prennent
pas de petit déjeuner ou avalent
un petit déjeuner composé
de viandes et d’œufs.
Les personnes qui ne mangent pas au petit
déjeuner ou qui consomment des
fruits et légumes sont celles
qui ont l’apport énergétique
journalier le plus faible, par
opposition aux consommateurs de protéines
"viandes / œufs", qui ont
l’apport énergétique
le plus élevé et l’indice
de masse corporelle le plus important.
Ces résultats confirment
que "sauter" son petit déjeuner
n’est pas un bon moyen de contrôler
son poids, et qu’il est par contre
intéressant de manger des céréales
et du pain, riches en glucides.
Source : Cho S., Dietrich M., Brown
CJP., Clark CA., Block G. - The Effect of
Breakfast Type on Total Daily Energy Intake
and Body Mass Index : Results from the Third
National Health and Nutrition Examination
Survey (NHANES III) Journal of the American
College of Nutrition - Vol. 22, N°.
4, 296-302 (2003) Journal of the American
College of Nutrition - Août 2003
Relevé sur Nutrinov.com
Retour au
sommaire |
|
|