 |
|
Que
se passe t-il ? Alors que nos grands-mères
passaient leurs journées devant
les fourneaux il semblerait que nous
rechignions à nous enfermer
dans nos cuisines pour mitonner des
petits plats…
|
|
|
|
>
La cuisine, c’est du temps !
>
Les mères
n’ont pas appris à leurs enfants
>
Le grand retour
du "fait maison"
>
Une offre adaptée
à notre incompétence !
>
Les éditeurs
profitent à leur tour du courant
>
Des professionnels
aussi concernés
>
Ouf, la cuisine
a toujours la cote !
>
Quelques chiffres
en vrac
|
La cuisine, c’est du temps !
|
"Cela prend énormément de temps
de cuisiner". Cette remarque reflète
bien la contrainte qui pèse aujourd’hui
sur l’avenir des pratiques culinaires. Alors
que la durée de préparation des
repas n'a cessé de se réduire depuis
quelques années, les Français appréhendent
la cuisine en termes de temps. Selon une enquête
récente, 60% des 25/34 ans déclarent
qu’ils cuisineraient plus s’ils avaient
davantage de temps à lui consacrer. Parallèlement,
les consommateurs réduisent souvent leurs
repas à deux plats, pratiquant ainsi le
"repas simplifié".
Quand on sait que les Français passent,
en moyenne, deux heures et demi par jour devant
la télévision, l’argument
temps est-il recevable ou ne cache-t-il pas une
autre vérité ?
Retour au sommaire |
Les mères n’ont pas appris à
leurs enfants
|
L’entrée des femmes dans la vie active
a fortement contribué à la révolution
de l’art culinaire et à la désaffection
de celles-ci pour leurs fourneaux. Il semblerait
que les Françaises soient "impressionnées"
par la cuisine et l’héritage qu’elle
représente. Selon Jean-Pierre Poulain,
socio-anthropologue, "après mai 68,
les moins de trente ans ont rejeté l’héritage
culinaire de leur mère, assimilé
au modèle poussiéreux de la femme
au foyer. C’est en vieillissant que ces
femmes ont redécouvert la cuisine, mais
suspectant celle-ci de nuire à l’émancipation
féminine, elles n’ont pas initié
leur propre fille". Ainsi, 45% des plus de
50 ans n’ont pas appris à cuisiner
à leurs enfants. Cette rupture dans la
transmission des compétences culinaires
affecte 35% des 25/34 ans. La jeune génération
ne sait plus cuisiner parce qu’il lui manque
les bases fondamentales. Au point que les grandes
surfaces ont supprimé le rouleau à
pâtisserie de la vente !
Retour au sommaire
|
Le grand retour du "fait maison"
|
Le dernier Baromètre sucre, publié
en début d’année 2003 par
la Collective du sucre, révélait
une augmentation sensible de la pratique de la
pâtisserie au sein des foyers. Deux raisons
à cela : se faire plaisir et faire plaisir
à son entourage. Mais quand on sait que
le Français manque de temps et de compétences
en la matière, on est en droit de se poser
des questions ! Il faut savoir en effet que le
"fait maison" tel que nous l’entendons
aujourd’hui n’est pas celui de nos
mères et grands-mères. D’ailleurs,
chacun aura pu remarquer dans les rayons des grandes
surfaces la multiplication des produits d’aide
à la pâtisserie "nouvelle génération".
Retour au sommaire
|
Une offre adaptée à notre incompétence
!
|
Pour que cuisiner reste un plaisir, les Français
recherchent des solutions simples, rapides et
faciles. Les industriels l’ont bien compris.
Ils exploitent cette tendance en proposant sur
le marché des produits destinés
à masquer l’incompétence culinaire.
Entre le spray de démoulage et les pâtes
à tartes prêtes à cuire, les
industriels de l’alimentaire rivalisent
d’imagination et multiplient les innovations
"produits" pour inciter le consommateur
"pressé" à faire un gâteau
maison "vite fait, bien fait". Et partant
du constat que le fait d’ajouter du lait
ou des œufs dans un produit prêt à
l’emploi donnait au consommateur l’illusion
de cuisiner, ils ne cessent d’étoffer
leur offre, en matière d’assemblages
et de produits semi-élaborés. Et
pour que l’illusion soit parfaite, encore
faut-il laisser au consommateur le soin de finaliser
son produit, en apportant sa touche personnelle.
"C’est moi qui l’ai fait"
pourra-t-il s’en enorgueillir !
Retour au sommaire
|
Les éditeurs profitent à leur tour
du courant
|
De leur côté, les éditeurs
profitent aussi du regain d’intérêt
pour la cuisine facile et la pâtisserie
"maison". Sylvie Désormière,
directrice des éditions Minerva, qui a
révélé Sophie Dudemaine,
auteur à succès, peut en témoigner.
Plus de 500000 exemplaires des "Cakes de
Sophie" avaient été vendus
en juin 2003. Selon Jean-Pierre Stephan, responsable
Presse et Marketing de Minerva, "ces ouvrages
répondent aux attentes d’un nouveau
lectorat désireux de mettre la main à
la pâte et de mettre à profit son
temps libre pour partager des moments de convivialité".
Retour au sommaire
|
Des professionnels aussi concernés
|
Si la pâtisserie "maison" fait
son grand retour dans les foyers, en restauration,
c’est la tradition qui fait recette. En
effet, les Français souhaitent retrouver
des desserts au bon goût de terroir et revenir
aux saveurs traditionnelles que n’apportent
pas forcément les entremets. Les industriels
de la pâtisserie s’efforcent de mettre
à disposition de leurs clients restaurateurs
des desserts, dont l’aspect se rapproche
du fait-maison et de l’artisanal. Les tartes
fraîches, prêtes à servir,
sont réalisées dans des moules cannelés
ou aux bords de pâtes irréguliers
et se parent de fruits des vergers (pommes, poires,
abricots), favoris des recettes de "grand-mère".
Les industriels de la pâtisserie proposent
aussi des solutions aux restaurateurs qui ont
de moins en moins de temps à consacrer
au travail de finition. La personnalisation du
dessert passe notamment par le décor de
l’assiette.
Retour au sommaire
|
Ouf, la cuisine a toujours la cote !
|
Qu’ils disent manquer de temps pour
cuisiner, ou qu’ils manquent de compétences,
les Français aiment toujours cuisiner,
et bien sûr partager un repas autour
d’une bonne table ! Manger reste avant
tout un acte social. Et parce qu’ils
sont plus disponibles, c’est le week-end
que la cuisine redevient festive et conviviale.
Enfin, pour aller plus loin et pallier le
manque de transmission de savoir-faire,
ils pourront se tourner vers des enseignes
telles que "Du bruit dans la cuisine",
ou le nouveau Café Lenôtre
au pavillon des Champs Elysées. Ces
derniers ont conçu des ateliers de
cuisine, à destination des enfants
ou des adultes. Et qui paie ces cours aux
enfants ? Eh bien, il semblerait que ce
sont souvent les grands-parents. Serait-ce,
pour eux, une façon de reconquérir
leur place dans la transmission du savoir
culinaire ?
Retour au
sommaire
|
Quelques
chiffres en vrac
•
63% des Français
cuisinent tous les jours et
15% une ou
deux fois par semaine
• 10%
des Français ne préparent
jamais les repas
• 45%
des hommes ne cuisinent jamais
et 14% cuisinent
régulièrement
• 88%
des femmes cuisinent quasi
quotidiennement contre 36%
des hommes
• 60%
des 25/34 ans déclarent
qu’ils cuisineraient
plus s’ils avaient davantage
de temps à consacrer
à cette activité
• 65%
des Français déclarent
avoir plaisir à cuisiner,
notamment lors de la préparation
d’un dîner pour
recevoir des invités
• Faire la cuisine est
synonyme :
- de "convivialité"
à 61%
- de "plaisir" à
59%
- de "partage" à
51%
• En deux ans, la pratique
de la pâtisserie à
la maison a progressé
de 10%
• Pour 60%
des personnes interrogées,
le temps est le premier critère
pour se mettre en cuisine
• Un actif sur quatre
rentre déjeuner chez
lui le midi. Ce chiffre marque
une grande disparité
entre les habitants des grandes
villes et ceux des petites
agglomérations. Dans
les villes de moins de 50000
habitants, 35
à 55%
des actifs rentrent manger
à la maison. En Ile-de-France,
seuls 2%
des actifs ont le temps de
le faire.
• Pour 52%
des moins de 25 ans, c’est
le problème de la connaissance
technique qui constitue le
premier obstacle
• 71%
des personnes interrogées
considèrent que la
pratique culinaire doit être
prioritairement transmise
par la famille alors que 45%
des personnes ne s’en
sont pas acquittées
• La rupture dans la
transmission des compétences
culinaires affecte 35%
des 25/34 ans |
|
Retour
au sommaire
Sources :
"Le retour de la pâtisserie maison"
- Grain de Sucre n°5 - Octobre 2003
"Le plaisir à toutes les sauces"
- LSA n°1819-1820 - 19/06/2003
Le Journal du Pâtissier n°278 -
Septembre 2003
"Le retour au terroir" - Néorestauration
n°401 - Septembre 2003
"Le retour de la gamelle" - Libération
- 13/10/2003 |
|
|